Archives pour la catégorie Carnet

Petits souvenirs de fiction

Je replonge dans mes vieux films «européens» pour me rendre compte que la fiction, ça me plaisait en fait.
Voici une petite sélection !

Morning Pictures, tourné au Kabaret Kino de Hamburg en 2011
Des Uns et des Zéros, Un film fait dans le cadre du Kino Kabaret KIF de Bruxelles en 2010.
Bon Ben Bye, co-réalisé avec Caroline Roy-Element, à Bruxelles en 2011

 

Voilà!

Paix

 

David

Demain, rue Gervais

On a tourné ça l’automne dernier.
Ce n’est pas vraiment un film,
davantage une improvisation avec Carl.
Quelques restants d’une émission de télé communautaire,
une conversation enregistrée,
une chanson filmée chez Carl, dans Saint-Philippe.
On se revoit demain, rue Gervais.

-Chanson : «Résigné à perdre le nord» par Carl Hébert

Les Bougies du Crépuscule

Le jour du tournage, Gabrielle et Kevin nous ont offert de merveilleux sandwiches au végé-pâté maison garnis de feuilles de pissenlit qu’ils avaient cueillies. C’est avec passion qu’ils nous ont entretenus de gomme de sapin et de jardin forestier. Autour de nous, des dizaines et des dizaines de chandelles de cire d’abeille figeaient lentement. L’air en avait pris un goût de miel. Dehors, le quartier Saint-Philippe et la Kruger continuaient de s’animer, mais nous les avions depuis longtemps oubliés. Nous étions ailleurs.

Nous avions tous la tête en ruche et comme des abeilles, nous avons tous repris le travail dès la dernière bouchée. Les images s’accumulaient, lumineuses, et la cire patiemment se laissait filtrer.

-Caroline

Un nouveau carnet belge

Je suis débarqué à une gare de Bruxelles la première fois un peu par hasard.

Depuis, je crois n’en être jamais vraiment reparti.

C’est une ville dont je suis tombé amoureux. Amoureux des petits détails, des petits défauts, des petits racoins, des bruits de la cité. J’y retourne sans cesse… et je dois toujours y filmer quelque chose.

Voici un court carnet avec Leonore, en transit entre deux endroits bruyants.

Schaerbeek Transit - un carnet

Une nuit dans une boulangerie

« Le cadran a entonné sa musique à minuit trente et ce sont les yeux bouffis que nous avons marché vers le Panetier. On était grelottant de fatigue, mais aussitôt passée la porte de l’arrière-boutique de la boulangerie, nous avons été enveloppé par la chaleur ardente du four à pain: nous entrions dans l’antre de la bête.
Au coeur de la nuit, le Panetier bourdonnait déjà. L’odeur de levure, de beurre, d’oignon caramélisé a chatouillé nos narines. Autour de nous deux endormis, la poignée d’oiseaux de nuit qui peuplent le petit local rue Saint-Prosper s’affairaient avec autant d’intuition que de précision.

La farine mesurée d’un oeil d’expert. La pâte lancée d’un geste vif. Les miches formées en trois petites tapes faussement désinvoltes. Parfois, des visiteurs nocturnes partageant le fuseau horaire des boulangers venaient faire un brin de jasette à l’équipe. Le rythme restait soutenu, en cadence avec la musique jouant à tue-tête. Rien n’interrompt la danse, sauf le café sacré, toutes les deux heures.

David et moi nous sommes faufilés au travers de la routine aiguisée de ces ninjas enfarinés. Et c’est avec bonheur qu’au bout de cette nuit, nous avons découvert que les centaines de croissants avaient doré, que les pains s’étaient multipliés et que les présentoirs débordaient des fruits du travail passionnés de ces fous du pain. »

-Caroline